Le tournoi

The Peace Cup tournament

Le tournoi de la Coupe de la Paix a été organisé par le Programme transitionnel de démobilisation et réintégration (TDRP), au sein de l'Unité États fragiles, conflits et développement social dans la région Afrique de la Banque mondiale. Son but était de favoriser la réconciliation dans les communautés ayant énormément souffert de la violence, redonner un sentiment de fierté et d'appartenance aux participants à travers le pouvoir fédérateur du sport. Divisés par des années de guerre et de conflits, des jeunes hommes issus de quatre pays d'Afrique sont réunis par leur passion commune pour le football.

Au cours du printemps et de l'été 2012, 41 équipes de football à travers le Burundi, la République démocratique du Congo, le Rwanda et l'Ouganda se sont affrontées dans des championnats nationaux. (Du fait du conflit qui perdure dans ce pays, les joueurs de l'équipe de la RDC ne sont pas présents dans ce film.) Dans chaque équipe, la moitié des joueurs étaient des ex-combattants, l'autre moitié était constituée de membres de la communauté. Les ex-combattants étaient soit des soldats de l'armée, soit des rebelles issus de divers groupes armés. Certains s'étaient engagés volontairement, d'autres avaient été kidnappés et enrôlés de force. Les commissions de démobilisation et de réintégration du Burundi et du Rwanda ont organisé les matches dans ces pays, tandis que des ONG se sont chargées de l'organisation du tournoi en RDC et en Ouganda.
Les équipes championnes des quatre pays se sont retrouvées les 21 et 22 septembre sur le terrain de sport de l'Université Markerere de Kampala, en Ouganda, pour se disputer la Coupe. Les équipes provenaient respectivement d'Uvira, en République démocratique du Congo, de Bubanza, au Burundi, de Kigali, au Rwanda et de Gulu, en Ouganda. Le Burundi l'a emporté par 2 buts à 1 contre l'Ouganda en dépit de l'avantage de ces derniers qui jouaient à domicile.

Il ne s'agissait pas simplement, dans ce tournoi, du droit d'être reconnus vainqueurs d'un match de foot. La Coupe de la Paix a démontré que la stigmatisation sociale de ceux qui avaient participé aux combats disparaissait grâce aux bienfaits d'une action sociale collective humanisante tant pour les ex-combattants que pour leur communauté d'accueil. C'est ce qui, à son tour, peut contribuer à la restauration d'un tissu social déchiré par des années de conflit violent.

La Coupe de la Paix a également prouvé que le football n'est pas qu'un sport, mais constituait également un outil aisément disponible pour lutter contre la discrimination et créer un environnement où tous se sentent égaux. Louis Emmanuel Oloyotoo Okello du Football club de Winterbury à Gulu, exprime simplement sa joie : « Je suis ravi de participer à la Coupe de la Paix. Mon coéquipier Zar, je lui passe le ballon, il me le passe. Je ne le considère pas comme un ancien soldat. »

Lorsque les joueurs du Burundi et de l'Ouganda se sont salués avant le match de la finale, le passé était bien loin. Seule comptait la devise de la Coupe de la Paix : « Jeunesse, Paix, Développement ».